Mois : mai 2022

Les vrais investissements responsables – Avec Franklin Morin de Nalo

Les investissements responsables sont une grande tendance actuelle.

Et on se rend compte qu’on peut vite avoir les « vrais » investissements responsables.

Ceux qui sont en adéquation avec nos convictions et nos valeurs.

Et les « faux » investissement responsables.

A ce jour, les notions d’investissements responsables sont souvent associés au label ISR ou à des critères ESG.

Et ces notions peuvent paraître à la fois abstraite, similaire et sont un peux des expressions fourre tout.

J’ai donc souhaité clarifier tout ça avec un expert dans cette thématique.

Franklin Morin, directeur des investissements chez Nalo, est passé dans la podcast pour nous décrypter tout ça.

SI tu ne connais pas Nalo, c’est une plateforme qui te permet d’investir via les ETF de manière pilotée et de te proposer des investissements rentables en fonction de ton profil et de tes projets de vie.

Cela te permettra d’investir en Bourse même si tu n’y connais rien de manière pilotée.

Ils pourront t’accompagner dans le gestion de ton portefeuille et à des frais réduit (comparé à la plupart des assurance vie en gestion pilotée)

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Ils proposent également des portefeuilles axé « ISR » donc responsable et c’est ce que Franklin va nous expliquer dans cet épisode.

Voici le programme de cet épisode :

  • La parcours de Franck et le principe de Nalo
  • Définition concrète de l’ISR et des critères ESG
  • La différence entre les deux
  • Comment être sûr que malgré ces critères notre épargne est vraiment en adéquation avec nos convictions éco responsable
  • Comment éviter les « faux » investissements responsables

Voici un extrait de la retranscription de l’épisode ci dessous

investissements responsables

Thomas : Est-ce que tu peux me décrire déjà ce que c’est un investissement ISR ?

Qu’est-ce ça veut dire déjà et qu’est-ce que c’est ?

Franklin Morin : Donc l’ISR c’est l’Investissement Socialement Responsable.

En fait il y a une diversité de terme.

Depuis très longtemps on parle de développement durable, en deux mots.

l’ISR c’est ça donc l’Investissement Socialement Responsable.

Donc on reconnaît « Socialement et Responsable » et donc c’est bien un peu le développement durable.

Mais pour la finance.

Donc l’idée c’était d’appliquer ces principes-là, du développement durable à la finance.

A la fois l’économie, la société et également tout ce qui était écologie sur ces sujets-là.

Donc l’environnement de manière générale.

Ce qu’on appelait développement durable jusque-là.

Donc aujourd’hui, il y a un Label français qui porte ce nom « ISR » et vous pouvez acheter des produits qui sont Label ISR.

Mais ce n’est pas le seul Label, il y en a d’autres en Europe et en France.

Il y a Greenfield, War System Ability en Belgique, Lux Flag au Luxemburg etc…

Chacun est allé un petit peu de son cahier des charges.

C’est là où il faut faire un peu attention et je peux te parler un peu et souvent avec la nourriture parce qu’on peut acheter un peu un Label rouge, du Bio, du Local, etc.

Et quelque part on ne sait pas exactement quel est le cahier des charges derrière.

Donc l’ISR c’est un Label défini dont les critères sont définis par les comités qui s’appelle Label ISR qui répond au Ministère de l’Économie et des Finances françaises pour les investissements responsables

Et c’est ce même Ministère qui valide les critères qui sont proposés par des gens qui viennent de la finance.

Qui comprennent aussi parce que mettre un cahier de décharge déconnecté de la réalité ce n’est pas la solution non plus.

Mais c’est quand même validé par le Ministère et ce Label est accordé pour trois ans par un organisme certificateur privé.

En fait c’est un cabinet d’audit conseil globalement qui vient et qui dit : est-ce que ça respecte bien le cahier des charges ?

Ils certifient et c’est bon.

Et donc l’idée comme tous les Labels c’est d’être un gage de transparence et de qualité que du coup on est capable de se reposer « dessus ». 

Thomas : D’accord, donc du coup l’Investissement ISR, c’est propre à la France.

Le Label ISR est vraiment Français, chaque pays a son propre Label du coup et il est attribué par le Ministère de l’Économie française.

Et ma question est…

Franklin Morin : Il est « conçu » et évolué par ce ministère-là, mais il est attribué par un organisme privé.

Thomas : C’est un organisme privé indépendant, j’imagine ?

Franklin Morin : Oui tout à fait, oui pardon, mais c’est un cabinet d’audit.

Thomas : Mais du coup, si on rentre un peu plus dans le truc pour bien comprendre.

On donne un Label ISR à quel produit financier ? 

À une action d’entreprise ?

Par exemple, je dis une bêtise, AXA, on va lui donner un Label ISR ou ce sera un fonds d’investissement ou ce sera un ETF

A quel genre de produit donne-t-on un Label ISR ?

Franklin Morin : C’est un très bon point.

Alors au départ, c’était donné uniquement au fonds d’investissement.

Donc fonds d’investissement dans lequel on fait rentrer plusieurs clients, etc.

Ils ont une stratégie donnée, on vérifie et voilà.

Ça s’est élargi depuis 2020, je crois, au mandat de gestion, ce ne sont que des structures juridiques.

Mais économiquement cela reste un portefeuille avec plusieurs actifs dedans qui sont articulés de manière à remplir un objectif et de répondre à certaines contraintes.

Et de l’immobilier maintenant aussi, on peut avoir un fond immobilier qui est Labélisé ISR.

Le gros de la troupe c’était des actions et des obligations et également de ce qu’on appelle monétaire.

En fait ce sont des obligations à très court terme, ce n’est même pas complètement le monde de l’obligation.

Mais en gros c’est des dettes d’entreprises ou de Banque pour trois mois, six mois.

Donc cela ne rapporte pas grand-chose.

Mais c’est des gros encours parce que toutes la trésorerie d’entreprise.

C’est-à-dire, je suis chez Bonduelle puis on achète des machines pendant trente jours.

Mais là on a eu des recettes que je vais investir dans un fond, ça va toujours me permettre de gagner un peu.

Donc ça, c’est vraiment des milliards et des milliards.

En France il y a vraiment plusieurs centaines de milliards qui sont labélisés, 700 milliards il me semble qui sont labélisés en France ISR et principalement du monétaire et des actions obligations.

Thomas : Et donc du coup il y a action obligation, fonds d’investissement, enfin il y a un peu tous les produits.

Mais par exemple, est-ce que les ETF aussi peuvent être Labélisé ISR et avoir le statut d’investissements responsables

Franklin Morin : ça me fait penser que si on n’a pas forcément défini un ETF.

Donc un ETF ça veut juste dire que c’est un fond qui est coté en bourse.

C’est un fond qui est plus transparent que l’on peut l’acheter et le vendre à tout moment de la journée alors qu’un fond classique on ne peut l’acheter qu’une fois par jour.

Thomas : Faire la différence en plus c’est que surtout faire un ETF fait une réplique à un indice donné.

C’est de la gestion passive plutôt qu’un fond qui fait de la gestion active.

Franklin Morin : Tout à fait.

Il y a des fonds qui font des gestions indicielles quand même.

Donc ce sont des fonds indiciels donc ils sont presque au prix d’un ETF alors oui effectivement tu as raison là-dessus.

En fonds d’investissement, il va se dire que mon objectif c’est quoi ?

Alors que ça soit un fond ou un ETF, tu as deux façons de le faire.

La première c’est de se dire, j’ai un indice de marché et j’essaye de le battre.

ça veut dire quoi j’essaye de le battre ?

ça veut dire que je vais embaucher des gens qui font des recherches.

Un gérant qui va se dire que je sens bien que les Pétrolières par rapport au panneau solaire ou je ne sais quoi.

Et après l’autre idée c’est de se dire juste en fait je ne sais pas si j’arrivais vraiment à faire mieux que l’indice.

Dans ce cas sur le long terme, je réplique et je ne me prends pas la tête.

Et je ne fais que répliquer l’indice et ça c’est effectivement les ETF.

Thomas : Mais donc du coup tu me confirmes qu’il y a bien des ETF qui peuvent être Labélisé ISR ?

Franklin Morin : Il y en a bien effectivement.

Et nous on en a également.

Ca fait partie de la partie de nos portefeuilles d’investissements responsables et chez nous.

On peut choisir en gros les thématiques notamment on a une thématique écoresponsable.

Donc nos clients pour n’importe quel projet peuvent demander la retraite à 30 ans et choisir de la mettre en écoresponsable et sans immobilier si je suis déjà bien exposé à l’immobilier.

Parce que j’ai déjà une résidence principale, résidence secondaire ou autre.

Ou alors complémentaire au PEA, si j’ai déjà un PEA dans lequel j’ai principalement des actions européennes.

Donc on va mettre un petit peu moins d’action Européennes dans ces portefeuilles là ou alors standards si je me retrouve dans aucun de ces trois cas précèdent.

Donc chacun de nos projets, on peut choisir ses nuances s’il y a quatre nuances « sur un portefeuille ».

Thomas : Écoute je pense que c’est assez clair pour la partie ISR.

Et maintenant j’aimerais qu’on décrive l’autre notion d’investissements responsables qui est la notion ESG.

Est-ce que tu peux me dire un mot, quelle est la différence entre le Label ISR ?

Franklin Morin : Donc l’ISR, donc il faut distinguer effectivement et « le Label ISR ».

L’ISR c’est qu’on peut l’appeler par différent nom, il y a la Finance responsable, la Finance durable ou les investissements responsables.

J’aimerais dire investissements responsables, mais peu importe.

C’est vraiment appliquer des principes à la Finance.

Alors que le ESG, alors que le ESG ça veut dire quoi ?

Cela veut dire « Environnement Social et Gouvernance ».

C’est un ensemble de valeur et donc la finance responsable en fait on la regarde à travers de ces trois axes.

Donc en fait les critères ESG c’est plutôt une façon de mesurer la durabilité de la finance.

Je le dirai comme ça.

Donc suivant si un fond ou des actions sont vertueuses ou pas en terme environnemental, sociale et de gouvernance.

Donc les premiers qui ont fait un peu cet aspect là, il y a eu des scores ESG qui disaient alors lui il est bon en E ou en S ou en G.

ça veut dire quoi être bon en E ?

Ça veut dire donc pareil dans tout l’ensemble des sous-critères en dessous qui vont de sous-objectif qui en est.

Je crois qu’il fait attention au recyclage des déchets, il limite le transport, ce genre de chose.

Mais c’est une seule division ESG, mais il y en a d’autres aussi.

Il y a Principal Adverse Impacts.

Globalement qui veut juste dire tous les impacts néfastes à la planète et à l’humanité.

En fait de manière générale, il y a les objectifs de développement durable.

Donc c’est les nations unies qui ont défini dix-sept critères qui sont nécessaires à mettre en place d’ici 2030 en vue du développement durable.

Donc c’est juste une façon de voir.

Mais je dirai ESG souvent de manière générale, ça veut dire responsable suivant ces trois critères-là.

Et c’est le début on va dire.

Au début on ne regardait que le score ESG et on s’est vite rendu compte que c’est assez limitant et donc on regarde maintenant d’autres choses.

L’idée c’est de croiser de plus en plus de données.

Puisque forcément, plus on a envie d’être vert, plus il faut de la donnée.

Après il faut la croiser et se dire ce qu’on veut parce qu’on peut être vert ; vert pomme, vert clair et ce qu’on est plus vert quand on….

Voilà, il y a vraiment beaucoup de nuance de vert.

Thomas : D’accord, du coup donc cela veut dire, si je comprends bien, l’ESG c’est une notation.

Enfin il y a des organismes indépendants qui vont noter une action suivant les critères ESG, est-ce bien cela ?

Franklin Morin : C’est ça.

Il y a des agences de notation, tout comme il y a des agences de notation de ce qu’on appelle « La qualité de crédit ».

Donc c’était : Donc est-ce qu’une entreprise va me rembourser ou pas ou est-ce qu’un État va me rembourser ou pas ?

Pour les plus connus donc on en avait pas mal parlé quand la crise des subprime en 2008.

Parce que justement ils étaient un peu en retard sur certain sujet et là effectivement c’est d’autres agences.

Il y en a qui sont liées, forcément, et qui sont indépendantes de l’entreprise qu’ils vont noter.

Et ils vont effectivement leur donner un score.

Donc la première métrique qu’on a regardée historiquement sur les investissements responsables , c’était effectivement sur le score ESG.

Et c’est autour de ce score que s’est construit également le Label ISR.

En disant qu’un Label ISR c’est exclure le 20% des moins bons par secteur sur la base de leur score ESG.

Donc sachant qu’un bon score ESG, ça veut peut-être dire que je suis très bon en E, très mauvais en S et pas trop mal en G.

Donc c’est où on s’est rendu compte qu’il fallait un peu plus de finesse quelque part.

De toute façon on ne peut pas agréger le développement durable sur un chiffre.

On perd forcément de l’information quelque part donc il faut juste que cette perte d’information soit cohérente avec ce qu’on cherche à faire.

Nous en tant que professionnel et ce que le client a envie pour son portefeuille.

Thomas : D’accord, et du coup est-ce que c’est possible par exemple d’avoir un ETF ou une entreprise qui a une bonne notation ESG, mais qui n’est pas Labélisé ISR et vice versa et c’est des choses possibles ou pas ?

Franklin Morin : C’est un bon point, oui c’est possible.

Thomas : Je te dis pourquoi je pose la question.

Car je parle souvent quand on est en coaching avec certain client.

On va rechercher, creuser sur les ETF et tout et je leur montre un truc.

Ce qui me paraît un peu hallucinant, c’est que tu peux avoir des ETF connus et marqué ESG Trend Leaders.

En gros c’est un ETF qui va regrouper les meilleures entreprises notées ESG.

Et dedans, tu retrouves des entreprises pétrolières ou minières.

Et tu te poses la question, tu dis je veux investir dans quelque chose que je considère responsable et qui est bon pour le climat.

Mais dedans tu, je ne vais pas citer le nom de l’entreprise, mais dedans tu retrouves des pétrolières.

Et du coup c’est pour ça que je te pose la question

Mais j’ai l’impression que quand c’est Labélisé ISR.

J’ai l’impression que c’est un peu plus vert quoi, qu’il y a un peu moins de surprise ?

Est-ce que tu confirmes ce ressenti ?

Franklin Morin : Alors c’est ce qu’on appelle vert encore.

Si c’est vert c’est environnement du coup.

En regardant un score ESG tu peux être très bon en S et en G.

Si la grande pétrolière dont tu parles est française, s’il y a la moitié de femme au comité de direction qu’ils font beaucoup de chose pour les employés et qu’ils gèrent leurs boîtes de manière très transparente, etc…

Du coup ils emploient une bonne gouvernance.

Par exemple Volkswagen qui avait triché sur des tests de pollution, ils avaient été un peu épinglés.

Ils avaient une mauvaise note G de gouvernance spécifiquement parce qu’on ressentait qu’ils n’avaient pas forcément mis les contrôles en place, etc.

Donc effectivement quand tu regardes l’ESG, je ne sais pas si le Label ISR en tant que tel.*

C’est vraiment une caution par rapport à ce genre de problématique.

En fait, faire de l’ESG de la finance durable, il y a plusieurs façons de le faire même s’il y aura un score ESG.

L’idée c’est de se dire : est-ce que je prends juste les meilleurs scores ou je vais me retrouver avec des entreprises qui ne polluent pas du tout ou presque pas ?

Admettons que je vais me retrouver avec des entreprises qui ne polluent pas, mais par contre j’ai une performance qui ne va rien avoir avec celle de l’indice de base.

Donc l’idée de base c’est ça, on prend un indice et en fait on va changer les pondérations ou même sortir certaines actions pour les mettre sur des critères responsables.

Et donc suivant, comment tu vas appliquer ces critères-là, tu ne vas pas du tout avoir la même performance que ton indice basique.

Et si je prends un indice américain, je vais exclure les pires et après la question c’est : comment j’ai pu exclure les pires ?

Soit j’exclus tous les pires, et peut-être que je vais exclure toutes les pétrolières

Et s’il y a de grands mouvements de marché sur les pétrolières ou les minières, quelque part je ne vais pas du tout retrouver la même performance que mon indice de base.

Inversement, ça c’est ce qu’on appelle le Best In Universe.

Donc on va aller regarder les meilleurs scores dans tout l’univers des actions.

 C’est un secteur d’activité.

Donc j’ai toujours le même nombre de pétrolières que dans mon indice de base, mais j’aurais les pétrolières « les plus vertueuses ».

Et c’est ça qui fait le trait de leader typiquement.

Tu vois l’indice dont tu parlais, c’est un indice qui va prendre les 50%, les meilleurs en termes de score et de tendance.

C’est d’où le Trend leaders et donc ça veut dire qu’une entreprise qui a peut-être un mauvais score, mais qui est en train de s’améliorer, elle va gagner un bonus par rapport à son mauvais score en disant: Bon, oui elle a un mauvais score, mais elle est sur la bonne voie quelque part. Donc là, tu vas arriver à ça.

[Fin de la retranscription].

Pour écouter l’intégralité de l’interview tu peux l’écouter ici