Mois : juin 2022

Avantage fiscal PER : Une fausse bonne idée ? Avec Samy de Ramify

Je parle assez peu du PER (Le plan d’épargne retraite) et notamment de l’avantage fiscal du PER.

Pour une simple et bonne raison.

Tout l’argent versé sur le PER est bloqué jusqu’à la retraite (donc 62 ans au mieux)

Voire beaucoup plus.

Même si il existe des cas de déblocage anticipé (j’en parle plus loin)

Et mon objectif personnel est d’atteindre la liberté financière.

Et donc profiter de mon patrimoine et des revenus passifs associés avant la retraite !

C’est LA raison principale qui explique pourquoi je n’investis pas dessus et que je ne profite de l’avantage fiscal lié au PER

Mais tu n’as peut être pas le même objectif que moi.

Et que pour toi l’avantage fiscal du PER peut être clairement une super option.

avantage fiscal PER

C’est pour cela que j’ai décidé de creuser le sujet dans cet article

Je vais te décrire les gros points fort et point faible du PER ci dessous.

Les points forts du PER

  • Il est possible de déduire 10% de tes revenus annuel sur ton impôt sur le revenu. C’est le principal avantage fiscal du PER
  • Tu peux même le déduire directement de ton prélèvement à la source et donc gagner directement en pouvoir d’achat
  • C’est une enveloppe similaire à une assurance vie en terme de support. Donc tu peux à la fois avoir de l’argent sécurisé (avec le fond euros), des actions en bourse ou en encore des SCPI (avec de bons PER!)

Si tu veux aller comparer les différentes enveloppes fiscales entre l’assurance vie, le PEA et le CTO c’est par ici

Les points faibles du PER

  • L’argent est bloqué jusqu’à l’âge de la retraite. Donc à ce jour 62 ans. Sauf en cas de déblocage anticipée (j’en parle juste après)
  • Il y a des frais de gestion incontournable comme sur une assurance vie.

Les différentes façons de débloquer l’argent sur un PER

Il y a 2 grandes façons de débloquer l’argent sur un PER.

– La « désirable » => L’achat de ta résidence principale

– Les « non désirables » => Tout accident de la vie (divorce, handicap, surendettement etc…)

Donc tu l’aura compris.

Le seul cas de déblocage « désirable » et que tu peux utiliser à bon escient est l’achat de ta résidence principale

Celui qui pourra te permettre d’utiliser les deux bons côtés du PER.

A la fois l’avantage fiscal du PER et l’apport pour ta résidence principale.

Samy Ouerdini, fondateur de la jeune fintech Ramify va expliquer en détail dans cet épisode les points forts et points faibles du PER.

Voici le programme de l’épisode :

  • Présentation du parcours de Samy et de Ramify
  • Explication de la différence entre Assurance Vie et PER ?
  • Avantages et inconvénients du PER ?
  • Est-ce adapté à tous les types de profil ?
  • Pourquoi il est important d’avoir plusieurs type d’envellopes?
  • Explication du private Equity ?
  • Est-ce vraiment réservé aux investisseurs aguerris?

Pour ouvrir un compte sur Ramify tu peux avoir 3 mois de frais offert en passant par mon lien

Si tu veux écouter le podcast directement sur le site tu peux cliquer ici ou ci dessous

Voici un retranscription d’un extrait du podcast ci dessous

Thomas

J’ai deux questions.

On peut y répondre l’une après l’autre mais j’aimerais bien savoir la grosse différence entre l’assurance vie et le PER ?

Et puis après, que tu nous dises les avantages et inconvénients du PER ?

Je te laisse répondre dans l’ordre que tu veux

Samy

Parfait.

Alors l’assurance vie et le PER, ce sont deux mécanismes différents mais qui sont assez complémentaires.

Je vais commencer par expliquer leurs mécanismes.

Et ensuite, je vais expliquer les avantages, inconvénients.

Et aussi, pour qui est-ce que c’est pertinent.

Parce que le PER n’est pas pertinent pour tout le monde, comme tu le dis.

L’assurance vie, la vraie différence avec le PER, c’est que, avant de placer son argent sur une enveloppe type assurance vie, on paie nos impôts.

C’est-à-dire que, je touche mon salaire, prélèvement à la source ou alors paiement d’impôts si je ne suis pas prélevé à la source.

Et ensuite, j’épargne de l’argent.

Donc j’épargne à partir de mon revenu net.

Thomas

Net d’impôts

Samy

La force du PER, c’est de pouvoir placer de l’argent brut.

C’est-à-dire que l’état permet aux épargnants de placer 10% des revenus pour les salariés et 15% pour les indépendants.

Et de placer ce revenu brut dans un PER et ne pas avoir à payer d’impôts dessus.

Thomas

Alors, c’est là où j’aimerais bien clarifier, parce que tu dis le revenu brut.

Mais ça veut dire que de ton salaire directement, tu peux mettre ça sans qu’il y ait d’impôts prélevés?

Ou est-ce qu’il y a un double mécanisme d’impôt qui est que : tu reçois ton salaire, il y a le prélèvement à la source, et ensuite, tu vires sur le PER, et ensuite tu es remboursé ?

Samy

Tu es remboursé

Thomas

Voilà, c’est bien ce que je pensais

Samy

Les deux sont possibles.

Si tu annonces à l’avance à impots.gouv que tu comptes mettre tant cette année sur ton PER, c’est déclaratif.

Tu vois ton prélèvement à la source baisser mécaniquement.

Et ensuite, à la fin de l’année, quand tu fais ta déclaration, il faut justifier – il y a un justificatif à envoyer – que tu as bien mis cette somme là sur le PER.

Donc c’est possible de bénéficier de cet allègement fiscal avant même la fin de l’année.

Avant même d’avoir viré de l’argent sur le PER, c’est ça qui est intéressant.

C’est vraiment du gain de pouvoir d’achat dès aujourd’hui.

Thomas

Oui, c’est ce que j’allais dire.

C’est là selon moi la force et je t’avoue que je n’étais même pas certain de cette information.

Je connaissais cette déduction d’impôt sur le PER.

Mais je ne pensais pas que tu pouvais dès le début le dire aux impôts pour justement, comme tu le dis, ça te permet de profiter de ton argent aujourd’hui, et non pas attendre un an avant d’être remboursé.

Samy

Exactement.

Et en plus de ça, ce qui est encore plus intéressant, c’est que tu peux réinvestir une partie de ton économie d’impôt.

Donc tu épargnes plus pour le même effort d’épargne.

Tu paies moins d’impôts amis les impôts, tu les paieras à la fin.

Et aussi  ce qui est hyper intéressant avec le PER, parce que l’assurance vie, tu as accès au bout de 8 ans à des allègements fiscaux aussi – les deux ont des points positifs.

Le PER, il n’y a pas d’allègement fiscal en sortie.

C’est une fois qu’on ouvre son PER, que ce soit à la retraite ou pour les quelques cas de déblocage, on paie nos impôts.

Donc on est soumis à l’impôt de la période, donc à la retraite, quel est mon TMI, à combien est-ce que je suis imposé ?

Par contre, ce qui est hyper intéressant, c’est de voir que – comment réfléchir à un PER – c’est vraiment l’État (qui) fait un cadeau à l’épargnant.

C’est-à-dire qu’il lui fait crédit de ses impôts à condition qu’ils les investissent.

Et ce qui est intéressant pour les gens.

Parce que c’est très intéressant pour les gens qui sont très imposés.

C’est que, si on prend l’exemple de quelqu’un qui est imposé à hauteur de 40 ou 45% en TMI marginal, cette personne-là va pouvoir épargner beaucoup plus.

Donc 10% de son revenu brut, ça fait quasiment deux fois plus d’argent que si elle le faisait via son revenu net.

Elle paie a peu près 45% d’impôts sur cette tranche-là.

Et en fait, ça te fait deux fois plus d’argent placé sur une période très longue, parce que le but du PER, c’est que tu fasses fructifier jusqu’à la retraite.

Pour des jeunes actifs, c’est au moins 25 ans on va dire.

Et en fait, la différence entre le capital que tu places qui est imposé à l’impôt sur le revenu et les plus-values que tu vas générer qui sont imposées à 30%, à la fin du cycle à la retraite, tu verras que le poids de tes intérêts est tellement supérieur au poids du capital que tu as placé.

Ce sont les intérêts composés.

Et que ta fiscalité va être beaucoup plus allégée à la fin parce qu’une grosse partie de ce que tu as placé sur le PER sera imposé à 30% et pas à l’IR, pas à l’impôt sur le revenu.

Donc il y a ces deux mécanismes-là.

C’est un petit peu compliqué de rentrer dans les calculs mais pour le simplifier.

Pour quelqu’un qui est hautement imposé, qui est dans la tranche 30% – c’est-à-dire qui a commencé à payer pas mal d’impôts – ouvrir un PER très tôt et l’alimenter jusqu’à la retraite, c’est le meilleur moyen de constituer sa retraite.

C’est mieux que l’assurance vie.

Alors bien sûr, il y a des considérations de risques à prendre en compte mais de manière générale, c’est ça les grandes lignes à connaître.

Thomas

D’accord

[Fin de la retranscription]

Pour écouter l’épisode dans son intégralité c’est par ici

Le Gender Investing Gap Avec Solène de Moneylo

As-tu déjà entendu parler du gender investing gap ?

C’est simplement l’écart qu’il y a dans l’investissement entre les hommes et les femmes.

C’est cette proportion entre hommes et femmes investisseurs.

Et le résultat est surprenant.

Seulement 20% des femmes sont des investisseuses contre 80% d’hommes.

Que l’on soit ou non féministe c’est un constat qui fait mal.

C’est une disproportion majeure.

Et ce phénomène a un nom : C’est le gender investing gap.

Il y a plusieurs raisons qui expliquent cet écart (qui est en train de changer et on en parle plus loin).

  • Le monde de la finance a été crée par les hommes et pour les hommes à la base
  • Les femmes ont tendance à avoir un comportement plus « prudent » que les hommes et moins « gambling »
  • Certaines femmes peuvent avoir des blocages vis à vis de l’investissement.
Pour creuser ce sujet et répondre à ces questions et notamment comprendre quels sont les blocages, j’ai reçu sur le podcast Solène , la créatrice du site Moneylo.

Elle va nous expliquer ce phénomène dans lequel elle s’est spécialisée.

Voici le programme de l’épisode :

  • Présentation du parcours de Solène et de Moneylo
  • Son parcours en bourse
  • Explication simple du Gender Investing Gap.
  • Quels sont les blocages de la part des femmes qui veulent investir mais qui n’osent pas?
  • Ses meilleurs conseils pour les femmes qui aimeraient se lancer mais qui n’ose pas

Pour écouter l’épisode de podcast tu peux cliquer ici ou ci dessous

Voici une retranscription de cet épisode du podcast

Thomas : On va rentrer dans le vif du sujet de l’épisode qui est le Gender Investing Gap.

Est-ce que tu peux nous dire qu’est-ce que ça veut dire, nous le traduire et nous dire qu’est-ce que c’est concrètement ce concept ?

Solène : Oui. Il n’y a pas de traduction géniale, c’est pour ça qu’on le dit souvent en anglais en le nommant Gender investing Gap

On peut dire l’écart d’investissement entre les femmes et les hommes.

Thomas : Ok !

Solène : C’est un peu long mais c’est ça.

Thomas : Ça sonne mieux en anglais.

Solène : Oui, c’est ça.

Thomas : Quand on le dit avec un bel accent.

Solène : Exactement.

On parle beaucoup d’écart, comme l’écart salarial entre les hommes et les femmes.

Mais il y a un écart aussi qui est très important en France et partout dans le monde, qui est l’écart d’investissement entre les femmes et les hommes ou encore le gender investing gap

Notamment le fait que les femmes investissent moins que les hommes.

Et de manière globale aussi, elles prennent moins de risque avec leur argent.

Donc les chiffres varient un petit peu selon les analyses qu’on va regarder, mais les femmes investissent entre 29 % et 40 % moins que les hommes.

Ce qui est un montant assez colossal.

Et elles ont tendance aussi à garder beaucoup plus de cash, à se cantonner au placement sans risque.

Comme le livret bancaire qui n’est même pas vraiment un investissement, fonds euros, tout ça.

Et quand il s’agit d’aller en bourse et même en immobilier, on est un petit peu plus frileuse.

Thomas : Le chiffre que tu as dit, les 29 à 40 %, c’est les montants du patrimoine de moins qui sont investis, c’est ça ?

Solène : Oui, c’est ça.

Thomas : Et est-ce que tu connais les chiffres de proportions sur 100 investisseurs en bourse, c’est quel pourcentage qu’il y a de femmes et d’hommes ? Est-ce que tu as une idée du chiffre ?

Solène : Non, je ne l’ai pas.

Je le sais pour l’investissement global que c’est 23 % des femmes qui sont engagées dans une démarche dans l’investissement.

Thomas : Ok, c’est ça que je voulais savoir.

Solène : Oui, c’est ça.

Thomas : C’est quand même énorme dans le mauvais sens.

Solène : Oui.

C’est pour cela que c’est un truc vraiment important parce qu’on en parle très peu.

Mais quand on sait aujourd’hui à quel point l’inflation fait que notre patrimoine est grignoté petit à petit chaque année.

Quand on a des montants comme ça qui sont différents, c’est un manque à gagner pour les femmes qui est énorme.

Thomas : À ton avis, c’est quoi le blocage ou la raison pour laquelle les femmes investissent moins que les hommes, ou qu’elles n’osent pas ?

Pourquoi selon toi ou tes expériences ou de tes connaissances, cette faible proportion ?

Solène : Il y en a plein, c’est très compliqué.

La chose la plus importante, c’est malheureusement que les femmes, pendant des siècles, ont été exclues du monde de l’investissement.

Aujourd’hui, mon objectif et le tien aussi, c’est d’aider les personnes et les femmes à s’en sortir dans le système actuel.

Mais il y a aussi le système actuel qui a besoin de changer.

Donc forcément, le système financier qu’on a aujourd’hui a été construit par des hommes et pour des hommes, de manière inégale.

Et ce sont des inégalités qui continuent aujourd’hui, même si ce sont des choses qui commencent à bouger.

On est toujours sur un système qui ne parle pas vraiment aux femmes.

J’en parlais il n’y a pas longtemps dans un post.

Mais la première femme qui a eu le droit de rentrer à la bourse de Paris et l’ouverture du métier de trader aux femmes, c’était en 1967.

Alors que la bourse de Paris a été créée en 1724. C’est sympa.

Thomas : 1700 ?

Solène : 1724, oui. Et les femmes n’avaient pas le droit de rentrer dans l’enceinte de l’établissement.

Thomas : Oui.

Solène : Interdit aux femmes et aux intrus.

Thomas : C’est un truc de bonhomme.

Solène : Oui, voilà, c’est ça. C’est comme « laissez faire les hommes. » et ce qui engendre ce fameux gender investing gap.

Thomas : Laissez-nous faire.

Solène : Et même si on prend en global l’autonomie financière des femmes par exemple qui a eu lieu en 1965, ce n’était pas non plus il y a 1000 ans, c’était il y a un petit moment. Mais ce n’était pas il y a 200 ans non plus.

Thomas : Oui, c’était il y a 2 générations à peu près.

Solène : C’est ça. Mes parents étaient nés.

Il y a forcément encore des impacts de ce système aujourd’hui.

Ce serait trop beau de se dire qu’en si peu de temps après des siècles d’inégalité, finalement c’est bon, tout le monde est sur le même pied.

Mais ça c’est la première chose, c’est vraiment la façon dont le système a été construit.

Et après, à cause de ça, on a aujourd’hui beaucoup d’hommes qui s’expriment sur le sujet de l’investissement.

Et le truc c’est que les femmes et les hommes ont des approches très différentes sur l’investissement.

Alors de manière générale, dans l’épisode, je ne parle pas de tous les hommes et de toutes les femmes.

Je précise puisque c’est des généralités.

C’est selon des études qui ont été faites et ce genre de choses.

Mais bien sûr, il y a des hommes qui vont se retrouver plus côté femmes, et des femmes plus côté hommes.

Aujourd’hui, le sujet de l’investissement est vu sous un angle qui est vraiment stéréo typiquement masculin.

La majorité des conditions créées par des hommes avec un temps particulier.

Toi Thomas, ce n’est pas ton cas, mais je pense que tu peux le voir aussi de ton côté.

Qu’on a souvent l’investissement en bourse, qui lui, est un peu comme un hobby, c’est le casino, un peu un jeu.

Thomas : C’est ça, on va faire des coups, on va gagner de l’argent rapidement.

Solène : Exactement !

C’est un truc excitant et tout, et ça, c’est bon pour personne, ni pour les femmes ni pour les hommes d’ailleurs.

Mais c’est une façon de traiter le sujet qui ne parle pas du tout aux femmes et qui creuse encore ce gender investing gap.

Et de manière générale, les femmes, ce n’est pas comme ça qu’elles abordent l’investissement.

Et on a aussi du coup tout le sujet de la représentation.

Moi par exemple, je sais que j’ai une audience qui est très majoritairement féminine.

Pourtant je ne m’adresse pas qu’aux femmes.

J’ai quelques posts dans lequel je parle du sujet.

Mais le fait que je sois une femme et la façon d’aborder le sujet et l’angle, qui n’est pas justement casino, hobby, tout ça, c’est quelque chose qui parle plus aux femmes.

Donc on a besoin d’avoir aussi un peu plus de représentation.

C’était LITA.co qui a mis un post il y a quelques jours où il disait qu’en 2021, 1 % des interventions médiatiques sur les thématiques économiques étaient faites par des femmes.

Thomas : Combien de pourcent, pardon ?

Solène : 1% ! Donc, tu as de plus en plus de femmes qui parlent d’investissement, mais ça reste une grosse minorité.

Et forcement, quand tu as 99 % d’hommes qui s’expriment et que toi tu es au milieu et tu dis :

Thomas : Qu’est-ce que je fous là ?

Solène : Oui, voilà !

Thomas : D’accord.

C’est super intéressant d’avoir toutes ces raisons et ces historiques, pour comprendre.

Je vais te dire un petit peu rapidement le ressenti que j’ai.

Parce qu’on est dans une thématique très similaire.

Et je le remarque aussi parce qu’à la base ma thématique initiale, je parlais beaucoup de gestion de budget, et mon audience était exclusivement féminine, 84 % qui étaient féminins.

Là, de plus en plus, je parle d’investissement et de bourse et je sens arriver en force une audience masculine.

Pourtant, je pense l’aborder dans un ton assez similaire au tien ou pareil.

Je ne parle pas de bourse casino, je suis plutôt investissement à long terme ETF, des choses simples.

Et c’est vrai que malgré ça, je pense quand même toujours garder mon audience féminine et, je l’espère.

Mais c’est vrai que je sens aussi que ça amène plus d’hommes.

C’est vrai que c’est quand même fou de voir à quel point dès qu’on parle d’investissement, le sexe de notre audience va plus s’orienter vers le masculin.

C’est vraiment quelque chose que j’ai remarqué aussi.

Solène : C’est que les femmes, à la base, s’occupent beaucoup des dépenses familiales, du budget.

De tout ce qui va être petites dépenses du quotidien, organisation des finances familiales, mais pas tout ce qui est investissement.

Et là, dès qu’on parle d’investissement, c’est l’homme qui s’en occupe parce qu’on ne sait pas vraiment pourquoi.

Mais on va laisser faire les pros.

Thomas : C’est une idée reçue.

Solène : Apparemment ! Oui, c’est ça.

Thomas : Je t’avoue que je ne vois que des améliorations.

Je vois même en coaching, des coachings que je fais en bourse, j’ai quand même des femmes et j’en suis très content et je trouve que ça se passe super bien.

Je vois quand même beaucoup de femmes qui s’intéressent de plus en plus et réduise le gender investing gap

Et je pense qu’on est quand même dans une période où avec les réseaux sociaux, avec la diffusion, la connaissance gratuite qu’il y a sur Internet.

On a cette vulgarisation et cette diffusion des connaissances qui permet au final à la plupart des femmes de se rendre compte que ce n’est pas faite que pour les hommes.

Et que tout le monde est capable d’investir quelque soit son sexe.

Solène : Oui complètement.

Mais surtout que le truc qui est vraiment dommage, c’est que les femmes, de manière générale, toujours investissent mieux que les hommes.

Les femmes n’ont pas envie d’investir, elles se disent, c’est trop risqué, c’est trop compliqué, c’est trop dangereux.

Pour plein de raisons qui ne sont pas forcément d’elles.

Mais pourtant, quand elles investissent, elles le font mieux que les hommes.

Et il y a plein d’études qui mettaient ça en avant.

Je peux te citer par exemple une étude de Fidelity, qui est une société d’investissement aux États-Unis, qui a montré que sur 10 ans, ses clientes ont gagné en moyenne 40 points de base.

Donc 0,4 %, dans le sens si les hommes ont fait 5 % , les femmes ont fait 5,4 % de plus par an que leurs homologues masculins.

Donc, quand tu n’es pas trop calé en investissement, tu peux dire « Oui, ce n’est pas beaucoup 0,4 %, merci ». Mais toi même tu sais que sur des décennies c’est important.

Thomas : Oui avec les intérêts composés, ça fait une grosse différence.

Solène : Énorme, c’est ça.

En fait, c’est juste qu’elles n’osent pas, mais quand elles investissent, elles investissent de manière globale, mieux que les hommes et pourquoi ?

C’est là où c’est intéressant, à la fois pour tes auditeurs masculins et tes auditrices.

C’est que les femmes investissent avec une vision qui est plus long terme.

Qu’elles donnent la priorité à la sécurité sur le long terme plutôt qu’aux gains rapides et faciles à court terme.

Et on sait que les gains rapides et faciles à court terme existent.

Thomas : Ce n’est pas forcément facile.

Solène : C’est très rare.

Thomas : Ça existe, mais c’est le syndrome du survivant.

On n’entend que les gens qui ont réussi, on n’entend pas tous ceux qui ont perdu.

Solène : Complètement.

Et ceux qui ont réussi parlent de là où ils ont réussi et pas de là où ils ont échoué.

Donc, à ce point-là, elles tradent moins que les hommes.

Elles font moins de transactions sur leur compte que les hommes.

Dans l’étude de Fidelity, ils montraient que les femmes, sur la période de 10 ans, elles ont acheté et vendu deux fois moins que les clients masculins.

Donc, elles touchent deux fois moins à leurs portefeuilles que les hommes, parce que les hommes ont un peu ce côté sur confiance de se dire : « Oui, non mais là, ça baisse. Je pense que si j’en rachète et puis je vais revendre cette action et je vais acheter ça » et on sait que souvent ça ne fonctionne pas.

Thomas : C’est ça !

Solène : Mais contrairement à ce qu’on peut penser, elles ont généralement un meilleur sang-froid aussi.

Elles paniquent moins et elles réagissent simplement et émotionnellement aux fluctuations de la bourse.

Thomas : Aux fluctuations, oui.

D’accord. Ça tu vois, je ne le savais pas.

C’est une étude qui regroupe un peu toutes ces conclusions c’est ça ?

Solène : Oui, il y en a plein que je pourrais te donner si tu veux les mettre

Thomas : Oui, on pourra peut-être mettre en lien pour ceux qui ça intéressent parce que c’est vrai que ce n’est pas trop cool de lire ça après au calme.

Solène : Oui, complètement.

Il y en a plein, les chiffres, le pourcentage de cette performance varie généralement.

On est souvent sur la performance quand même comme la majorité des études.

Mais c’est quelque chose qui est, heureusement, de plus en plus étudié et c’est intéressant.

Non pas pour dire les femmes sont meilleures et les hommes sont moins bons, ce n’est pas le but.

C’est juste de dire qu’on a tendance à se dire que l’investissement ce n’est pas fait pour nous parce que toutes les raisons qu’on a abordées avant.

Au final, l’investissement, si vous êtes une femme, est autant fait pour vous que pour les hommes.

Et les hommes peuvent aussi apprendre des choses, des comportements en bourse, des femmes qui se performent.

Oui, il y avait une étude, je ne me rappelle plus laquelle exactement, qui disait que 9 % des femmes seulement pensaient qu’elles pouvaient se performer par rapport aux hommes en tant qu’investisseuse.

9% des femmes se disent : « Moi je pourrais faire mieux ».

Thomas : Ok ! Ça prouve qu’elles n’ont pas forcément confiance aussi ?

Solène : Oui, c’est ça, un problème de confiance aussi.

Thomas : Ok ! Là je vais partir sur une autre thématique qu’on ne va pas forcément creuser, mais c’est juste pour comprendre le terme.

On parle souvent de « Gender Lens » aussi.

J’ai eu tendance à confondre les deux termes, est-ce que tu peux nous dire ce que c’est le « Gender Lens » par rapport au « Gender Investing Gap » ?

Solène : Le « Gender Lens », on va voir un tout petit peu de lien entre les deux.

Mais vraiment très léger.

Le « Gender Lens Investing » c’est la pratique d’investir en prenant en compte les critères de genre.

Notamment les critères d’égalité hommes femmes dans le choix de nos investissements.

Par exemple, on va décider d’investir dans des entreprises qui ont une représentation plus élevée de femmes dans le conseil d’administration, dans des postes de direction.

Des entreprises qui ont des bons résultats en matière d’égalité salariale, qui ont des politiques sur le lieu de travail qui vont aider les femmes.

ça peut être régime congé paternité ou congé maternité, politique contre le harcèlement sexuel, ce genre de choses.

Et tu peux aussi avoir des entreprises qui ont pour objectif de créer des produits et des services qui visent à améliorer la vie des femmes.

Thomas : D’accord ! Le « Gender Lens » c’est choisir des actions et tu vas même noter qu’il va regrouper des entreprises qui vont viser vraiment l’égalité homme et femme, c’est ça ?

Solène : Oui, c’est ça.

Effectivement, tu peux le faire soit toi-même, soit à travers des fonds ETF.

Le présupposé de base de tous ça puisque les partisans de l’investissement « Gender Lens » soutiennent, c’est que les entreprises qui ont une proportion de femmes à des postes de direction qui va être plus importante que la moyenne.

Ou des politiques comme je disais, qui ont aidé à l’égalité hommes femmes, vont sur le long terme obtenir de meilleurs résultats que les entreprises qui ne respectent pas ce genre de principe.

À la base, le socle de ça, ce qui est une étude qui est beaucoup citée, c’est une étude de McKinsey.

Qui a sorti une étude qui disait que parmi les 1000 entreprises dans le monde, celles du quartile du supérieur de la diversité des genres, donc celles qui respectent le plus la diversité des genres dans leur direction étaient 21 % plus susceptibles que celles du quartile inférieur.

Donc c’est le quartile qui respecte le moins de surpasser les revenus moyens dans leurs secteurs.

Donc ceux qui respectent le plus, tout simplement, l’égalité hommes femmes se performent versus ceux qui ne respectent pas.

C’est le présupposé de base, c’est un peu comme l’investissement socialement responsable.

Dans la vision plus écologique, on se dit : « Les entreprises qui vont respecter la planète, sur le long terme, elles vont leur donner un résultat ».

Thomas : Elles vont mieux performer parce qu’on n’a pas trop le choix.

Solène : C’est ça.

Et un jour ou l’autre, on espère que des sanctions vont tomber et qu’on ne pourra plus continuer à détruire la planète au quotidien.

Et que les entreprises qui sont les plus respectueuses, les plus vertueuses et qui sont préparées à ça, c’est celles qui vont se performer sur le long terme.

Thomas : Ok !

Solène : Après, ça ne veut pas dire non plus qu’en investissant en « Gender Lens », tu vas forcément avoir de meilleures performances.

Thomas : Oui, ce n’est pas garantie.

Solène : Non.

Thomas : Je pense que c’est une question de conviction aussi. Je pense que quand tu choisis ton ETF ou l’entreprise, si tu fais du « Stock Picking » en ETF, je pense que c’est une question de conviction.

C’est aussi ce que tu as envie d’appuyer avec ton épargne.

Solène : C’est ça. C’est tout le but de prendre des critères qui ne sont pas que des critères de rendement et des critères financiers, c’est de se dire : « Moi j’investis, est-ce que je vais perdre quelque chose en investissant en Gender Lens ? »

[Fin de la retranscription]

Pour écouter l’épisode de podcast en entier c’est par ici.