Étiquette : budget base zéro

La petite budgeteuse : De l’endettement excessif à l’investissement

Cette semaine je reçois Anna, plus connu sous le nom de son compte instagram la petite budgeteuse.

La petite budgeteuse a une histoire dingue mais super inspirante.

Elle est passée d’un endettement excessif (plusieurs crédit conso en même temps) à investisseuse immobilière ( et boursier) en l’espace de 2 ans.

Elle a commencé à raconter son histoire sur Instagram il y a deux ans.

Et elle est vite devenu une référence pour bon nombre de personne dans son cas.

Et une vrai référence dans la gestion de budget et les finances personnelles.

Voilà pourquoi je suis content d’avoir pu l’interviewé sur le podcast :-).

Voici le programme et ce qui est abordé dans cet épisode :

  • Le passé financier de Anna et la genèse du projet « La petite budgeteuse »
  • Sa méthode pour avoir solder tous ses crédits consos en un an (et les autres méthodes)
  • Comment passer d’endetté à investisseuse en seulement 2 ans
  • Ses meilleures astuces pour gérer ses finances et investir.
  • Son parcours immobilier
  • Ses autres investissements

Pour découvrir le site internet de la petite budgeteuse c’est par ici et pour son compte instagram c’est par là

Ci dessous le podcast à écouter

La version vidéo ci dessous

Voici une retranscription d’un extrait du podcast.

Thomas :  Revenons sur le moment où tu as eu le déclic en septembre 2019.

Qu’est-ce qui t’as fait réaliser que tu ne pouvais plus continuer comme cela ?

Est-ce que tu avais peur ?

Ou est-ce en voyant les chiffres que tu t’es dit que tu avais touché le fond et qu’il fallait remonter la pente ?

Anna :  J’avais l’habitude d’être à découvert tous les 20 ou 25 du mois et cela ne me faisait jamais peur.

Mes dépenses me faisaient atteindre la limite de mon autorisation de découvert de 1000 €.

Je me disais que ce n’était pas grave car c’était mon mode de fonctionnement. 

Puis, au mois de septembre, je me suis retrouvée à découvert vers le 6 du mois.

Cela était dû à plusieurs facteurs.

Le premier facteur était mon investissement dans l’immobilier au mois d’août alors que j’étais endettée.

J’étais passée chez le notaire pour acheter un petit appartement à Marseille qui devait être rénové.

J’avais donc utilisé tout l’argent de mon épargne, qui s’élevait à 3000 €, pour payer l’avance de frais de notaire.

En plus de mon découvert, je ne pouvais plus piocher de l’argent nulle part.

Le deuxième facteur était l’entrée de mon fils dans une école privée, plus précisément dans un lycée de Compagnons du Devoir avec internat.

Cela représentait un coût de 400 € par mois.

De plus, durant les premiers mois, il y avait des frais supplémentaires de 600 voire 700 €.

On ajoute à cela les frais de transports et encore beaucoup d’autres charges que je n’avais pas anticipées.

Pour finir, je devais régler la taxe foncière de mon appartement pour la première fois puisque cela faisait un an que j’y habitais.

Je n’étais pas préparée à cela et j’ai pris peur.

Il me semble même avoir pleuré lorsque que je faisais mes comptes pour constater tout ce qui me restait à payer pour le reste du mois.

Les travaux de l’appartement devaient commencer et cela me posait problème.

Toi qui est dans l’investissement immobilier, tu n’es pas sans savoir qu’on doit d’abord avancer les frais des travaux de sorte à ce que, par la suite, la banque nous rembourse sur présentation de factures.

Thomas :  Bien-sûr, il faut avoir de la trésorerie.

Anna :  Exactement.

Je n’étais pas préparée à cela et je n’étais pas bien formée.

Aujourd’hui, je ne regrette rien parce que j’ai réussi à m’en sortir.

Cela aurait pu mal se finir si je n’avais pas eu le déclic pour reprendre le contrôle de mes finances et pour baisser mes dépenses.

Il fallait que je me désentête car 70% de mon salaire partait dans mes crédits et mes dépenses fixes.

Thomas :  Effectivement, c’est déjà trop.

Comme tu dois certainement le recommande sur le compte de la petite budgeteuse, on recommande souvent qu’il n’y ait que 50% du salaire maximum qui parte dans les dépenses fixes.

Au-delà de ce pourcentage, il ne te reste plus rien pour te faire plaisir ou pour épargner.

Anna :  Exactement, tout mon argent partait dans des dépenses fixes qui n’étaient pas du tout optimisées.

Je payais cher des contrats d’assurance qui ne me servaient à rien, notamment l’assurance de ma voiture.

Cela méritait d’être apuré et c’est d’ailleurs par là que j’ai commencé quand j’ai lancé le compte de la petite budgeteuse

Thomas :  Justement c’est le sujet de ma prochaine question.

Une fois que tu as eu ce déclic, par quoi as-tu commencé ?

Quelle a été ta stratégie ou ta méthode pour reprendre le contrôle ?

Anna :  Au départ, je tâtonnais un peu donc je ne me suis pas tout de suite lancée dans l’élaboration d’un budget ou d’un plan financier.

Ce n’était pas très évident pour moi.

J’ai d’abord commencé par noter sur un cahier mes dépenses.

Et je les classais par catégories pour comprendre où partait mon argent.

Par la suite, je me suis rendu compte que c’était une méthode passive.

Car noter les dépenses me permettait seulement de constater les dégâts au lieu de les prévoir.

J’ai alors compris qu’il fallait faire un budget avant de recevoir son salaire et de le dépenser.

On pourrait dire que c’est comme lorsqu’un PDG répartit les tâches entre les membres de son équipe.

Chaque euro doit être dépensé dans un but précis tous les mois.

Ensuite est venu le moment où j’ai réalisé que j’étais trop endettée et que toutes ces mensualités me prenaient à la gorge.

J’ai alors cherché des solutions sur internet pour rembourser les crédits plus rapidement et je suis tombée sur des méthodes appelées « boule de neige » et « avalanche ».

Pour t’expliquer rapidement, la méthode boule de neige consiste à se concentrer sur le remboursement d’un seul crédit à la fois en commençant par celui qui a le plus petit solde.

Thomas :  On est d’accord qu’ici tu parles du plus petit montant qu’il reste à rembourser et non de la mensualité la moins élevée.

La petite Budgeteuse :  Oui, c’est cela.

La raison pour laquelle on procède comme cela car c’est purement psychologique.

Ce qu’on recherche, c’est l’effet boule de neige, on veut avoir des résultats rapidement.

Supposons que nous mettions tous nos efforts pour rembourser le plus petit crédit qui est de 2000 €.

Il faudra dans un premier temps baisser les autres mensualités au maximum pour injecter le surplus dans le remboursement de ce crédit.

Ainsi, nous pourrons le rembourser assez rapidement.

Par exemple, s’il nous reste deux ans pour le rembourser, nous le rembourserons en un an.

Une fois le remboursement de ce crédit terminé, le surplus des mensualités seront injectées dans le deuxième plus petit crédit.

Cela créera un effet boule de neige.

L’inconvénient de cette méthode, c’est que les montants alloués au remboursement de nos crédits ne changeront pas.

Et ce même si on commence à rembourser les crédits.

Autrement il n’y aurait pas d’effet boule de neige.

Si le total des mensualités s’élève à 1 000 € et que nous avons 3 crédits ou 4 crédits à rembourser, nous continuerons à payer 1000 € même s’il ne nous reste qu’un crédit à rembourser.

Bien évidemment il est possible d’adapter cette méthode et c’est d’ailleurs ce que j’ai fait.

Quand je terminais le remboursement d’un crédit, je me disais qu’il fallait que je commence à épargner un peu.

Ainsi, je prenais la dernière mensualité que je payais, je la divisais en deux, puis j’injectais une moitié dans le remboursement du crédit suivant et j’épargnais une partie de la somme.

Néanmoins, il est essentiel de savoir que cela nécessite la possibilité de moduler les échéances.

Thomas :  Justement cela allait être l’objet de ma question.

J’ai aussi cette même problématique en coaching avec des gens qui ont plusieurs crédits à rembourser.

Je leur suggère tout le temps la méthode boule de neige.

La première chose que je leur dis de faire, c’est de consulter leurs contrats puis d’aller voir leur banquier.

Pour baisser les mensualités au maximum de sorte à injecter le surplus dans le plus petit crédit.

Seulement, à 80% du temps les banquiers refusent et proposent automatiquement un rachat de crédit.

Toutefois dans ton cas, la méthode boule de neige avait fonctionné a priori.

La petite budgeteuse :  Oui cela avait fonctionné pour moi car j’avais fait tous mes crédits chez Boursorama.

Sans vouloir leur faire de la publicité, avec Boursorama il est possible de rembourser par anticipation sans frais et de moduler ses échéances

Thomas :  Tout comme toi mon intention n’est pas de leur faire de la publicité mais j’utilise fréquemment leur système qui est assez bien fait et j’en suis très satisfait.

Concernant la partie crédit, as-tu besoin d’avoir quelqu’un au téléphone pour faire une modulation ou cela peut-il se faire automatiquement via l’espace client ?

Anna :  Pas du tout, tu peux le faire toi-même sur ton téléphone.

Thomas :  C’est ce qui fait la différence.

En effet, j’ai cette impression que les conseillers et les conseillères sont assez réticents face à ce type d’arrangement.

Ils ne te laisseront pas y parvenir aussi facilement alors qu’avec une interface, tu peux être autonome et le faire toi-même en trois clics.

La petite budgeteuse :  Tout comme toi beaucoup de personnes sur le compte de la petite budgeteuse me disent que leur banque ne veut pas moduler leurs échéances.

De ce fait, je me suis demandé ce que j’aurais fait si j’étais dans le même cas.

Je pense que j’aurais ouvert un autre compte chez Boursorama ou une autre banque en ligne avec qui il est plus simple de faire des ajustements.

Ensuite j’aurais emprunté chez eux l’équivalent de ce que je peux rembourser.

Thomas :  De ce fait cela te rajoute un crédit.

Anna :  Non, car j’aurais fait un crédit chez eux pour pouvoir rembourser l’autre crédit.

Cela revient à faire un rachat de crédit, mais de manière un peu déguisée.

D’ailleurs lorsque l’on fait un rachat de crédit, je ne comprends pas pourquoi les mensualités sont un peu plus élevées que celles d’un crédit à la consommation.

L’avantage des banques en ligne, c’est qu’elles proposent des offres plus intéressantes comparées à celles des banques classiques.

Toutefois, je comprends qu’il est difficile pour quelqu’un qui est endetté de faire une autre demande de crédit.

Dans ce cas-là, je pense que je serais passée par un rachat de crédit.

J’aurais consulté avec attention tous les contrats pour voir s’il serait possible de réaliser un remboursement anticipé sans frais et sans minimum de montant.

J’aurais également vérifié s’il serait possible de moduler les mensualités.

Pour moi aujourd’hui c’est quelque chose d’essentiel.

J’espère que cela n’arrivera pas, mais si un jour je suis amenée à refaire un crédit à la consommation, ce serait la première chose que je vérifierais.

Le taux d’intérêt est important à prendre en compte, mais la possibilité de moduler les mensualités l’est encore plus.

Thomas : Il en va de même pour un crédit immobilier.

On s’attarde toujours sur le taux d’intérêt alors que, par expérience, je sais que les taux sont bas et que c’est la dernière chose à négocier.

Il n’est pas utile d’y accorder une si grande importance.

En effet, il y a beaucoup d’autres choses qu’il faut négocier comme les pénalités de remboursement anticipé.

Le remboursement en différé, le fait de pouvoir moduler ses échéances.

De la même manière, ton expérience t’a permis de réaliser quels étaient critères importants à vérifier avant de faire un crédit à la consommation.

La petite budgeteuse :  Exactement.

De plus, il arrive qu’on s’engage à rembourser notre crédit consommation sur 5 voire 7 ans.

Or, il ne faut pas oublier que notre situation peut changer au fil des années.

Il est possible que la mensualité qu’on accepte de payer aujourd’hui soit difficile à assumer dans les 2 ou 3 ans à venir. 

Dans le cas contraire, si on a accès à des revenus plus importants, il sera possible de rembourser davantage et de se débarrasser du crédit.

De ce fait, cette modularité est vraiment nécessaire.

Thomas :  J’ai une autre question qui m’est venue en tête pendant qu’on parlait de la méthode boule de neige. Tu as très bien expliqué le principe de cette méthode.

Tu as notamment parlé de ses inconvénients dont le fait que, si l’ensemble des crédits s’élève à 1000 €;

Par exemple, on sera obligé d’allouer 1000 € au remboursement des crédits pendant toute la durée de la méthode.

Imaginons que pour une personne souhaitant reprendre le contrôle de ses finances.

Ce montant de 1000 € alloué au crédit représente 70 ou 80% de ses revenus et que cela ne lui permette pas de vivre confortablement.

Que conseillerais-tu ?

Pour ma part, j’aurais tendance à dire que le rachat de crédit permettrait de baisser les mensualités.

Es-tu d’accord avec cela ou aurais-tu une autre solution ?

Anna :  Si on a des mensualités qui ne nous permettent pas de vivre normalement et qui creusent un découvert, c’est qu’il est déjà trop tard.

Bien entendu, je suis d’accord avec toi pour dire que le rachat de crédit est une solution pour temporiser les choses. 

Thomas :  Cela coûtera plus cher mais cela permet de respirer.

Anna :  Oui ce sera plus cher mais la personne ne le ressentira pas tellement.

Certes, cela va rallonger la durée du remboursement de ses crédits mais au moins cela lui permettra de reprendre son souffle.

Thomas :  Pour récapituler, la méthode boule de neige est adaptée aux personnes qui peuvent garder ces mensualités sans forcément creuser leur découvert.

Et si les crédits font que les charges fixes sont trop élevées, le rachat de crédit reste quand même la meilleure solution. Très bien, merci beaucoup pour cette partie endettement.

[Fin de la retranscription]

Pour écouter l’épisode de podcast avec la petite budgeteuse dans son intégralité c’est par ici.

Pour la version vidéo c’est par là