Anne Peymirat 600×600 pour SUFK (1)

Beaucoup de famille ayant du mal à gérer un budget familial ont déjà su confronter à la problématique de parler d’argent à ses enfants. Et principalement d’argent de poche

  • Comment leur inculquer une bonne éducation financière?
  • Comment éviter de céder à leurs caprices de besoin matériels?
  • Donner de l’argent de poche est elle une bonne stratégie?

Dans cet épisode de podcast, j’ai pu échanger avec Anne Peymirat.

Anne est une coach parental depuis 15 ans et a crée calmer parenting, premier réseau de coach parental en France.

Elle a pu accompagner plus de 3000 parents pour les aider dans leur problématique liée à la parentalité.

Elle a notamment écrit les livres suivants :

Débranchez vos enfants

Je ne crie plus, je ne répète plus, je ne râle plus… je gère ! Reprenez en main votre vie de famille

T’as fait tes devoirs, chéri ? Transformer le cauchemar des devoirs en plaisir d’apprendre

Pour consulter les prestations de Anne en tant que coach parental c’est par ici

Ecouter la version du podcast ci dessous.

Pour lire un extrait du podcast en retranscription lisez ci dessous.

Thomas – Je voulais déjà te questionner concernant l’argent de proche.

Je ne sais pas si c’est toi, quelque chose que tu recommandes, si c’est quelque chose qui pose problème dans le coaching.

Comment toi, tu vois la chose ? Si tu es d’accord avec ça, de quelle façon tu le recommanderais ?

Anne – L’argent de poche, je trouve que c’est une bonne idée à plusieurs titres.

Ça permet d’habituer l’enfant à avoir une somme d’argent qu’il va gérer.

Il va se rendre compte de ce que ça veut dire.

Si par exemple, un enfant a dix ans et qu’il a 5 euros par semaine ou peu importe le montant, des petits montants, il va se rendre compte de ce qu’il peut acheter.

Que s’il attend deux semaines, il s’achète quelques cartes Pokémon.

Après, il ne pourra rien s’acheter d’autres avant d’avoir à nouveau, passé quelques semaines.

Il va se rendre compte aussi que s’il veut un plus gros paquet de cartes Pokémon il faudra qu’il économise plus longtemps.

Thomas – Ça peut être une première éducation financière, montrer comment gérer son budget, son argent pour un enfant.

Anne – Et d’apprendre à gérer l’envie de dépenser.

Parce qu’on a de l’argent et d’aller tout de suite s’acheter des bricoles, des balles rebondissantes dès qu’on a deux, trois euros et des scoubidou.

Ou d’attendre pour avoir quelque chose de plus gros. Je trouve ça intéressant pour les enfants.

Je conseille aussi aux parents, c’est que soit ils donnent chaque semaine, quoi qu’il arrive, soit ils donnent en fonction du comportement de l’enfant.

S’ils donnent en fonction du comportement de l’enfant, ce n’est pas, tu as été horrible cette semaine, je ne te donne rien.

C’est l’inverse.

C’est de dire, on va faire gagner de l’argent de poche à l’enfant, s’il a réussi par exemple à se mettre à faire ses devoirs tous les soirs après le goûter.

Ou si il va se mettre à son bureau pour travailler sans problème.

L’idée, ce n’est pas d’être dans le général en disant, tu as fait une crise cette semaine, je ne te donne pas d’argent de poche.

Il vaut mieux être positif en disant, tu auras de l’argent de poche si ça se passe de telle et telle manière en étant précis.

Ça peut motiver l’enfant.

L’idée, c’est de le motiver pour gagner un peu d’argent de poche.

Ce n’est valable que si les grands-parents ou oncles et tantes ne donnent pas des sommes importantes d’argent à chaque Noël et à chaque anniversaire.

Si on donne deux, trois euros par semaine et qu’à côté, à l’anniversaire, ils ont 500 euros…

Thomas – Ça décrédibilise.

Anne – Si on veut sensibiliser les enfants à la valeur de l’argent, je trouve ça bien qu’ils restent raisonnables sur des sommes par rapport à leur âge.

Thomas – Tu as un âge minimum que tu recommanderais pour débuter l’argent de poche ?

Anne – Avant la primaire, ce n’est pas la peine.

Quand on sent qu’il y a de l’intérêt de la part de l’enfant.

Les parents le sentent quand l’enfant commence à vouloir s’acheter des petites choses.

Plutôt que d’aller lui acheter ou de lui refuser, ils peuvent lui dire, maintenant, tu peux gagner un peu d’argent de poche chaque semaine et ça te permettra d’aller t’acheter les bricoles que tu veux.

Les billes pour jouer dans la cour, les autocollants dont il a envie, les smileys, ce qui intéresse l’enfant.

Ça permet de le sensibiliser.

Thomas – Ok. En marge de l’argent de poche , il y a un autre sujet que je voulais aborder avec toi

Comment faire pour éviter de céder aux caprices des enfants qui veulent des choses coûteuses?

Par exemple le dernier iPhone, des vêtements de marque et qui peuvent mettre en difficulté le budget familial.

Comment on communique à ce sujet ?

Anne – C’est une bonne question parce que c’est vrai que les enfants peuvent mettre une pression colossale sur leurs parents pour obtenir ce qu’ils veulent en objets électroniques.

Thomas – Je repense à quand j’étais adolescent.

J’étais comme ça avec mes parents. Je vois de quoi tu veux parler.

Anne – C’est dur pour les parents de résister parce que les enfants ont de bons arguments.

Ils sont malins, ils trouvent vite.

Par exemple “Mes copains, ils ont ça, moi je me sens exclu si je ne l’ai pas”

Thomas – On a envie qu’ils appartiennent à un groupe et on n’a pas envie qu’ils soient rejetés du groupe.

Donc on dépense dans un truc inutile pour éviter qu’ils se sentent rejetés ?

Anne – Exactement et c’est un bon argument.

Parce que tout parent a envie que son enfant socialise, se fasse des copains et qu’il ne soit pas exclu donc c’est un argument qui a tendance à porter.

Toutefois, ce que je dis aux parents, c’est que vos enfants, auront toujours un copain ou une copine qui a mieux.

C’est « no limit » une fois qu’on rentre dans ce sujet.

C’est à vous de vous dire, qu’est-ce que je peux acheter à mon enfant et qu’est-ce qui correspond à ce que je souhaite faire ?

Je peux dire aussi que peut-être que je ne peux pas acheter d’iPhone à mon enfant.

On peut lui dire dès le départ.

On a envie de t’acheter un téléphone, compte tenu du budget qu’on va y consacrer.

Voilà quelle gamme de téléphones tu peux avoir.

On le prévient d’avance.

Même si on peut se permettre d’acheter un iPhone à son enfant, peut-être qu’on n’a pas envie.

À douze ans, treize ans, même quinze ans, je n’ai pas envie de lui donner un objet qui a autant de valeur.

Parce que je trouve que c’est disproportionné par rapport à l’utilisation qu’il ou elle en a.

Et j’ai envie que mon enfant se contente de quelque chose de plus simple.

Qui marchera bien pour téléphoner, pour faire un peu de jeux et communiquer avec ses amis.

Mais là, c’est une question de comment je me positionne.

Thomas – C’est peut-être aussi par rapport à un positionnement social, de montrer qu’on a un objet de valeur auprès des copains ?

Anne – Exactement et ça fait partie des choses aussi que les parents ont en tête.

En se disant, si mon enfant a un beau téléphone, ça montrera que sa famille peut lui offrir ça.

Et ça l’aidera à se valoriser au sein de son groupe ou à être pareil que les autres jeunes du groupe.

Donc c’est vrai que ce n’est pas évident, ça demande une réflexion de la part des parents.

Déjà qu’est-ce qu’ils peuvent se permettre.

Et ensuite une fois qu’ils ont défini ça, qu’est-ce qu’ils sont prêts à donner à leur enfant.

Au-delà des considérations que l’on vient d’avoir, il y a quelque chose sur lequel je veux mettre en garde les parents.

C’est de se dire, c’est bien pour lui d’avoir le dernier iPhone, parce qu’il ou elle sera comme plusieurs de ses amis, ça l’aidera à s’intégrer dans son groupe d’amis, etc.

Ça peut être le positionnement d’un parent ou sa façon de parler d’argent ou avec son enfant.

Mais le problème, c’est quand il arrive quelque chose à ce téléphone.

Quand il est abîmé, rayé, qu’il tombe dans les toilettes parce que l’enfant l’avait laissé dans la poche de son pantalon.

Là, les parents sont furieux.

Ce que l’on peut comprendre, ils ont mis beaucoup d’argent dedans et c’est là où je dis aux parents, pensez-y d’abord.

Ça serait dommage de l’engueuler à cause de ça.

Il y a des chances que ça arrive.

Ça reste un enfant, ça reste un ado qui sera plus distrait que nous, qui sera moins soigneux qu’un adulte.

Et on ne peut pas attendre de la part d’un enfant, le même comportement qu’un adulte.

Ce n’est pas une façon de le responsabiliser de lui donner trop de responsabilités.

C’est pour ça que je dis, pensez à tout ça avant de donner quelque chose à votre enfant.

Dites-vous, c’est possible que dans les trois mois qui viennent, ce téléphone soit tombé.

Thomas – Qu’il soit cassé, qu’il tombe dans les toilettes.

Anne – Ou qu’il soit perdu.

Repensez à ce que vous êtes prêt à faire et dites-vous, est-ce que je suis prêt à accepter ça ?

Si vous êtes prêt et que vous êtes décidé, ok, mais ne venez pas l’engueuler derrière.

On ne peut pas demander à un enfant des choses qui sont au-delà de ses capacités.

Si c’est un enfant qui est soigneux d’habitude, on sait qu’il ne perd jamais ses affaires, on prendra peu de risques.

Mais si on a enfant qui est distrait, il ne range jamais ses affaires, il perd la moitié de ses crayons, de sa trousse, etc.

Ne vous embarquez pas là-dedans.

Thomas – C’est se tirer une balle dans le pied.

Anne – Exactement.

C’est pour ça que je dis, pensez à tout ça avant de donner des choses.

Ne donnez pas des choses trop chères où vous attendez un comportement exemplaire de votre enfant derrière.

Ça reste un enfant, un ado qui peut oublier, perdre, abîmer ses affaires.

Mieux vaut donner quelque chose où on se dit, qu’il le perde ou pas, ça sera comme ça, je suis prête.

C’est de l’argent sur lequel j’ai tiré un trait.

Les parents ont à ce moment, une attitude différente.

Ils disent, jusqu’à x euros, il en fera ce qu’il veut.

J’espère qu’il va le garder le plus longtemps possible, mais s’il arrive quelque chose, tant pis.

C’est se mettre à la hauteur des capacités de l’enfant.

Je trouve que souvent, les parents ont des attentes trop élevées par rapport à leurs enfants.

Thomas – Ils vont attendre qu’ils soient comme eux, qu’ils aient la même maturité, le même comportement, la même attention.

Anne – Le pire dans tout ça, c’est que les parents ils vont le dire.

Ils vont essayer de se prémunir de ce que je dis en se disant, je vais être clair avec mon enfant dès le départ.

Vous pouvez être hyper clair.

Vous pouvez dire à un enfant, il faudra que tu fasses attention, tu me promets que tu ne l’oublieras pas, tu me promets…

L’enfant, s’il est sur le point d’avoir un iPhone, il va dire oui à tout, c’est clair, il n’y a pas de souci.

Je serais super sage, je ferais ça, je débarrasserais le lave-vaisselle tous les jours.

Il n’y a pas de problème, mais le jour où il va falloir passer à l’action, ça va être plus dur.

Je trouve que c’est prendre les choses à l’envers.

Il vaut mieux offrir quelque chose, donner des choses avec lesquelles on est à l’aise.

Avoir des attentes, préparer l’enfant, mais pas au-delà de ce qu’on pense qu’il est capable de faire.

Thomas – Aussi, arriver à se mettre en tête que si on lui offre quelque chose, il y a une probabilité que l’objet puisse se casser, se perdre et se préparer à ça.

Anne – Oui, parce que ça reste des enfants.

[Fin de la retranscription]

Si vous souhaitez découvrir l’épisode du podcast dans son ensemble c’est par ici.

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