Crédit Photo : Céline Cellerier

Entretien avec Fabienne Dupuij : Spécialiste en relation à l’argent

Thomas : Bonjour Fabienne, avant de débuter l’interview, comment vas-tu ? Et comment vis-tu cette période de confinement si particulière ?

Fabienne :  Très bien ! J’ai la chance de faire partie des privilégiés en cette période de confinement.

Je travaillais déjà à la maison, mon job est globalement peu impacté, j’ai un extérieur pour profiter du soleil, et puis j’habite près de la mer où je peux me rendre à pied en quelques minutes.

Cette situation me permet aussi d’observer à quel point nos modes de fonctionnements sont questionnés par ce qui nous arrive.

Que ce soient notre rapport aux autres, nos méthodes de travail ou notre façon de consommer. Le réchauffement climatique nous fait peut-être un signe que nous ne pouvons plus ignorer avec cette épidémie.

Thomas : Merci ! Est- ce que tu peux te présenter en quelques mots ?

Fabienne : Je suis Money Coach.

J’accompagne mes clients vers l’amélioration de leur budget, de leur chiffre d’affaires, de leurs résultats, de leur valeur perçue ou ressentie, en transformant leur relation à l’argent. 

Cela passe par les bases de l’éducation financière, puis l’exploration et la transformation des croyances et des blocages qui freinent leur développement et l’atteinte de leurs objectifs : tous ces mécanismes inconscients par rapport à l’argent que j’appelle « la relation à l’argent« . 

Thomas : Qu’est ce qui t’a amené à créer l’école de l’argent ?

Fabienne : J’ai été administratrice de structure culturelle pendant 25 ans, essentiellement dans le milieu de la création artistique et du spectacle vivant. 

Mon travail c’était les budgets, les contrats et les demandes de subventions, l’organisation globale, toute cette partie de « l’ombre » qui contribue à la création.

D’ailleurs, c’est là que se trouve la continuité avec mon métier d’aujourd’hui : l’accompagnement de projet (de vie, de business), et le fait que c’est la « foi » dans un projet, l’investissement dans un objectif qui détermine les résultats, bien davantage que l’argent.  

Quand mon job « m’a quitté » à la faveur d’un burnout, j’ai réalisé que c’était le moment de poursuivre le chemin déjà entamé sur la voie du développement personnel.

On ne parlait pas vraiment de burnout à ce moment là, et finalement, j’ai vécu cette période « à l’instinct ».

Je ne pouvais pas vraiment faire autrement que de me pencher sur ce que je voulais faire de ma vie! 

Alors entre ma bibliothèque, déjà amplement pourvue d’ouvrages en tous genres sur ces sujets, et les conférences, séminaires et sommets sur internet, j’ai fini par « tomber » littéralement sur cette phrase de Nathalie Cariou :

« L’argent n’est ni mal, ni bien, c’est ce qu’on en fait qui est à questionner » !

Je me suis passionnée pour ses propositions et j’ai vite constaté dans ma vie le bénéfice de « mettre l’argent à sa juste place d’outil ».

Et quelques mois plus tard, j’ai suivi sa première promotion de formation au métier de coach financier.

C’est pendant cette formation que j’ai eu l’idée du nom de « L’école de l’argent ». Puis au fil du temps, cette appellation a prise de plus en plus de sens.

Thomas : On sent que le terme « d’école de l’argent » veut enseigner quelque chose d’alternatif vis à vis de des idées reçues et de la vision générale sur l’argent .

Fabienne : Exact. Le but est d’apprendre à mettre l’argent à la bonne place dans la vie. 

Il faut que ce soit un moteur de solution, un outil, un moyen pour accomplir ses objectifs et non un obstacle.

L’argent n’est pas un objectif en soi.  Un exemple avec l’épargne : le but n’est pas d’épargner pour « avoir de l’argent ».

Ce serait comme entrer dans un taxi sans savoir où aller.

Il s’agit avant tout de savoir ce qu’on veut faire de l’argent épargné.

Si je mets de l’argent de côté « au cas ou », je risque de ne jamais y toucher, ou alors de piocher dedans pour n’importe quoi …

Quand j’ai commencé à coacher, je me suis rendu compte que tout le monde sait « qu’il faut épargner».

Thomas : Oui, c’est sûr tout le monde le sait mais tout le monde n’a pas les méthodes pour le faire.

Fabienne : Oui, la question est de comprendre pourquoi certaines personnes n’y arrivent pas. Parce qu’il ne suffit pas d’avoir le mode d’emploi !

C’est pour ça que je me suis intéressée aux mécanismes et aux fonctionnements inconscients qui nous freinent, et à la transformation de la relation à l’argent. 

Thomas :  Lors de tes séances de moneythérapie, tu es là plutôt pour les aider à :
  1. Gérer leurs comptes ?
  2. Réduire leurs dépenses ?
  3. Changer leur relation à l’argent ?

Fabienne : Pour moi la réponse 2 est un des objectifs possibles, et les réponses 1 et 3 sont les axes principaux de la « moneythérapie »

Apprendre à se servir de l’argent, à le gérer, s’emparer des bases de l’éducation financière (gérer, épargner, investir).

Transformer la relation à l’argent en parallèle – parce que lorsqu’on fait ses comptes, c’est le « moment de vérité », la prise de conscience (et de responsabilité) ou on réalise où sont « réellement » nos choix, nos priorités.

Oui, je « suis » cette personne qui paie un abonnement à une salle de sport sans y aller ! Ou bien qui dépense son argent en shopping pour des trucs qui ne me serviront pas !

Qu’est-ce que ça me dit de moi ? Et si mon objectif « conscient » c’est de mettre de l’argent de côté pour me payer un voyage chaque année, comment je m’occupe de ces dépenses que je ne cautionne pas pour mettre mon objectif en priorité ? 

Réduire les dépenses, c’est un des objectifs possibles, mais encore une fois, au service de quoi, dans ma vie ? Épargner ? Dans quel but ? Prioriser d’autres dépenses pour changer de façon de vivre ?

L’objectif, c’est la priorité de mes accompagnements, et c’est tout le sens du coaching : l’argent en lui même n’est pas un objectif, c’est un moyen pour parvenir à l’objectif.

Apprendre à l’utiliser de cette façon est libérateur ! Donc le premier « travail » en accompagnement c’est de déterminer « où on va ! », puis de regarder « comment on y va », avec l’argent comme outil.

Thomas : Est- ce que tu abordes une part de « psychologie » avec tes clients quand tu creuses un peu sur ces sujets de priorisation de dépense ?

Fabienne : En fait, il s’agit surtout de factuel, d’observation. Et bien sûr que lorsqu’il s’agit de regarder mes choix, mes priorités, je me retrouve face à moi-même.

Mais je ne suis pas psychologue, et mon accompagnement c’est de regarder de façon très pragmatique quelles sont les ressources et les outils qui t’aident à aller vers ton objectif.

Un pas à pas opérationnel. Si il y a résistance, blocage, on regarde ensemble quelles actions tu peux mettre en place pour y parvenir.

Prendre conscience de tes choix et de tes priorités, réelles, évidemment que ça fait émerger ce qui était inconscient, et justement pour le mettre à jour !

Thomas : Peut-on te qualifier de coach financier ?

Fabienne : Je suis coach avant tout. Je peux me décrire comme « life coach » ou « business coach » avec une expertise sur la relation à l’argent.

Le coaching financier permet d’apprendre à gérer son budget, c’est très pédagogique, et ce seul côté pédagogique ne me suffit pas. J’ai envie de creuser plus et aider mes clients à atteindre leur objectif sur le long terme.

Thomas : Peut-on te qualifier de spécialiste du money coaching ? ou de la moneythérapie ?

Fabienne : Moneythérapeute, oui, parce que j’ai inventé le mot ! Je me suis autoproclamée moneythérapeute et du coup c’est pas très difficile d’être la seule (rire). 

Mais des coachs et thérapeutes spécialisés dans la relation à l’argent il y en a d’autres !

Christian Junod l’est aussi par exemple et c’est un modèle pour moi. Les grands business coachs sont nécessairement des spécialistes de la relation à l’argent aussi, même s’ils n’en font pas une spécialité. Honnêtement, je n’ai pas regardé suffisamment la concurrence pour savoir s’il y d’autres experts qui ont émergé sur ce sujet.  

Thomas : Que recherche les clients qui viennent te consulter ? Quel est leur objectif ?

Fabienne : Essentiellement trois profils :

1. Ils veulent plus d’argent disponible pour leurs projets, apprendre à épargner, consommer mieux, arrêter les dépenses compulsives, et cesser de se sentir angoissés par le manque d’argent. Ils veulent sortir du « toujours + » ou du mode survie et reprendre la main sur leur budget.

2. Indépendants, créateurs d’entreprises, ils veulent s’autoriser à bien gagner leur vie avec un travail qui les passionne (pas toujours simple, quand on a appris qu’on gagne sa vie en souffrant !)

3 : Ils ont un métier qui leur plaît et qui a du sens mais ils s’interdisent de gagner de l’argent, parce que pour eux, l’argent ne récompense que l’avidité, les requins de Wall-Street, les « profiteurs » de tout poil : « Si l’argent c’est ça, qu’en gagner, ça me sert à acheter une villa à Cannes, ben, j’en veux pas ». C’est là que la transformation de la relation à l’argent prend tout son sens : Ces personnes qui ont un métier à « haute valeur ajoutée », un métier qui a du sens et qui les passionne, quand ils s’autorisent à gagner de l’argent, ils impactent davantage le monde avec « leurs » valeurs – pour mon plus grand bonheur et pour notre bien à tous !

Thomas Quels sont les obstacles qui empêchent tes clients d’atteindre leurs objectifs ?

Fabienne : Tout simplement leur relation avec l’argent, construite depuis 2000 ans dans un système monétaire basé sur la dette, formatée et encouragée par notre société de consommation. Globalement tournée vers « l’avoir » et le « faire », très peu vers « l’être ». 

Or, quand je me connecte avec moi, mes besoins, mes projets, globalement, plutôt que de me tourner vers les réponses proposées par le système, les rêves préfabriqués (que je peux acheter, posséder), et bien je réalise que l’argent est un outil puissant et que je peux m’en servir pour moi. Et là, ça devient assez fluide d’apprendre à bien s’en servir !

Thomas : As-tu un profil type de client(e)s ?

Fabienne :  Ce sont surtout des femmes en situation de changement (personnel ou professionnel). La majorité sont des artistes, des auto-entrepreneuses ou des indépendantes qui ne s’autorisent pas à avoir à la fois le plaisir dans leur travail et de l’argent.

Thomas : Merci beaucoup pour le temps que tu m’as accordé et pour tes réponses !

Si vous avez apprécié le contenu de cette interview je vous invite à aller faire un tour sur le blog de Fabienne ecoledelargent.com pour voir les formations qu’elle propose que je vous recommande fortement.

Si vous souhaitez faire un point sur votre situation financière pendant le confinement le premier RDV est offert

Thomas
Thomas
Un trentenaire de la génération Y qui a grandi dans la culture Ecole-Salariat-Retraite Hypothétique. Je suis passé de 1000€ à 10 000€ d'épargne par an avec un salaire moyen (2400€/mois) En mettant en place des stratégies simples et accessibles à tous que je te partage sur ce site.